Si votre stage se passe mal, commencez par en parler à votre tuteur, puis à votre référent pédagogique, en gardant des traces écrites. Si la situation ne s'améliore pas, la convention peut être modifiée par avenant, suspendue ou rompue, avec l'accord ou l'information des trois signataires.
Un stage peut déraper pour mille raisons : des missions qui n'ont rien à voir avec ce qui était prévu, un tuteur introuvable, une ambiance pesante, ou simplement une opportunité ailleurs. Avant de claquer la porte, il y a souvent mieux à faire. Et si vous devez partir, autant le faire dans les règles.
Comment savoir si mon stage « se passe mal » ou si c'est un début difficile ?
Les premières semaines sont souvent inconfortables : nouveaux outils, nouveaux codes, peu d'autonomie. Ce n'est pas un problème en soi.
En revanche, certains signaux doivent alerter :
- vos missions n'ont plus rien à voir avec la convention (vous faites de la saisie ou de l'accueil toute la journée alors que le stage porte sur le marketing) ;
- vous remplacez un salarié ou tenez un poste permanent, ce que l'article L124-7 du Code de l'éducation interdit ;
- vos horaires dépassent largement ceux de la convention, semaine après semaine ;
- la gratification n'est pas versée alors qu'elle est due (stage de plus de deux mois, article L124-6) ;
- vous n'avez pas de tuteur réellement disponible ;
- vous subissez des propos ou des comportements humiliants, discriminatoires ou à caractère sexuel.
Ce dernier point est à part : il ne relève pas d'un « stage qui se passe mal » mais d'une situation grave, qui justifie une alerte immédiate (voir plus bas).
Que faire en premier ?
Parler à votre tuteur
Demandez un point de 20 minutes. Restez factuel : « La convention prévoit X, je fais surtout Y depuis trois semaines. Comment peut-on revenir à ce qui était prévu ? » Beaucoup de problèmes viennent d'un tuteur débordé plutôt que de mauvaise volonté.
Garder des traces
Après chaque échange important, envoyez un court e-mail récapitulatif. Notez vos horaires réels et les tâches confiées. Si la situation s'envenime, ces éléments compteront.
Prévenir votre référent pédagogique
L'établissement ou l'organisme qui a signé la convention n'est pas un simple tampon administratif. Votre référent peut contacter l'entreprise, rappeler le cadre et proposer une solution.
Situation type : Camille fait un stage en communication. Au bout d'un mois, elle passe ses journées à répondre au standard. Elle en parle à sa tutrice, qui promet de changer les choses, sans effet. Camille écrit alors à son référent, qui appelle l'entreprise. Deux semaines plus tard, ses missions sont recentrées sur les réseaux sociaux, comme prévu dans la convention.
Peut-on modifier le stage plutôt que l'arrêter ?
Souvent, oui. La convention n'est pas figée : un avenant signé par les trois parties permet de changer :
- les missions, pour les remettre en phase avec votre formation ;
- les dates, pour raccourcir le stage ;
- le tuteur, si le premier n'est plus disponible ;
- le lieu ou les horaires.
C'est souvent la meilleure solution quand le problème est d'organisation plutôt que de fond.
Peut-on suspendre un stage ?
Oui. Une suspension temporaire est possible, par exemple pour raison de santé ou de situation personnelle. Les conditions sont normalement prévues dans la convention et se formalisent par avenant. Dans tous les cas, la durée totale ne peut pas dépasser 6 mois dans le même organisme par année d'enseignement (article L124-5).
Les congés liés à la grossesse, à la paternité ou à l'adoption sont de droit. Ils comptent comme du temps de présence (article L124-13).
Comment mettre fin à un stage ?
Si rien ne s'arrange, ou si vous avez une bonne raison de partir (un emploi, un autre projet), la convention peut être rompue avant son terme. Il n'existe pas de procédure unique fixée par la loi : les modalités de rupture doivent figurer dans la convention. Relisez-la d'abord.
En pratique, les étapes sont presque toujours les mêmes :
- Informez votre tuteur par écrit, en expliquant brièvement votre décision.
- Prévenez l'établissement ou l'organisme signataire, qui formalise la fin du stage, souvent par un avenant ou un document de rupture signé par les parties.
- Respectez le délai prévu par la convention, s'il y en a un, et convenez d'une date de départ.
- Récupérez vos documents : attestation de stage précisant la durée effective, et gratification due pour la période effectuée.
L'entreprise peut, elle aussi, mettre fin au stage, mais pas n'importe comment : elle doit respecter ce que prévoit la convention et en informer l'établissement.
Situation type : Yanis, en stage de cinq mois dans une banque, reçoit au troisième mois une proposition d'emploi. Il en parle à son tuteur, prévient son organisme de formation, et tous s'accordent sur une date de fin deux semaines plus tard. Il part avec son attestation et sa gratification calculée sur ses heures de présence.
Que faire en cas de harcèlement ou de discrimination ?
N'attendez pas. Signalez immédiatement la situation à votre référent pédagogique et, si l'entreprise dispose d'un référent ou d'une procédure de signalement, utilisez-la. Les stagiaires sont protégés contre le harcèlement moral et sexuel et contre les discriminations. Conservez les messages et notez les faits (dates, témoins). Selon la gravité, vous pouvez aussi contacter l'inspection du travail ou porter plainte. Le 3919 (violences faites aux femmes) et le Défenseur des droits peuvent vous orienter.
Votre sécurité passe avant la fin de la convention : l'arrêt du stage peut être organisé ensuite.
Peut-on refaire un stage ailleurs après une rupture ?
Oui, un nouveau stage dans une autre entreprise reste possible, avec une nouvelle convention. Si vous êtes encore inscrit dans votre école, c'est elle qui l'établira.
Si vous n'avez plus d'école, ou si votre établissement ne peut pas conventionner ce nouveau stage, EDU Business Institute propose une convention liée à une formation en ligne de 200 heures (9 thématiques, ouvertes à tous les profils), pour 299 € ou en 3 fois avec Klarna. Elle est préparée sous 24 à 48 h ouvrées une fois le dossier complet. Bonne nouvelle : une inscription couvre jusqu'à 6 mois de stage au total. Si votre premier stage s'arrête au bout de 3 mois, vous pouvez obtenir gratuitement une nouvelle convention pour les mois restants. Au-delà de 6 mois au total, une nouvelle inscription est nécessaire. Si l'entreprise d'accueil refuse la convention, notre politique de remboursement s'applique : 250 € remboursés, 49 € de frais de dossier conservés, sur demande dans le mois qui suit la réception de la convention, avec le refus écrit.
Pour revoir les bases du document, consultez Qu'est-ce qu'une convention de stage ?, et pour connaître précisément vos droits pendant le stage, notre article sur les droits du stagiaire. Le déroulé complet est sur la page convention de stage.
FAQ : stage qui se passe mal
Est-ce que je perds ma gratification si j'arrête mon stage ?
Non, pas pour la période effectuée. La gratification est due pour les heures de présence. Le montant dû est calculé au prorata jusqu'à votre départ.
L'entreprise peut-elle me renvoyer du jour au lendemain ?
Elle doit respecter les modalités de rupture prévues dans la convention et en informer l'établissement. Si ce n'est pas le cas, contactez immédiatement votre référent.
J'ai arrêté mon stage au bout de 3 mois : dois-je repayer pour une nouvelle convention ?
Non, si vous êtes passé par EDU Business Institute. Une inscription couvre jusqu'à 6 mois de stage au total : vous pouvez obtenir gratuitement une nouvelle convention pour les 3 mois restants, dans une autre entreprise. Au-delà de 6 mois au total, il faut une nouvelle inscription.
Une rupture de stage apparaîtra-t-elle sur mon CV ?
Vous restez libre de la présenter. Une expérience de deux mois bien expliquée (« stage écourté pour rejoindre un poste ») ne pose généralement pas de problème.
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